Journaliste de soi ?

Est-on le mieux placé pour parler de soi ? Journalisme et journal intime sont-ils compatibles ? Le journalisme face au phénomène blog

10 novembre 2007

Un Journal à soi

Selon un sondage du ministère de la Culture datant d'il y a huit ans,environ 8 % des Français s'adonnent à cette écriture introspective,qui pourrait sembler désuète à l'heure du tout-high-tech et d'Internet. Mais avec l'apparition des blogs sur le Web, est née une nouvelle génération de « diaristes », qui contribue, mois après mois, à grossir les rangs des écrivains « secrets ». Philippe Lejeune, cofondateur de l'Association pour l'autobiographie (APA), est catégorique : « On est sur une pente ascendante. » Besoin de faire le point avec soi-même dans un monde global déshumanisé, de recréer la proximité... « Cette lejeuneexplosion est liée avant tout à l'élévation du degré d'instruction et à la prolongation de 14 à 16 ans de la scolarité obligatoire depuis 1958. » L'adolescence, avec ses états d'âme, ses insatisfactions, est propice à l'« ouverture » d'un journal intime...

Philippe Lejeune - avec une autre spécialiste des écrits personnels, Catherine Bogaert - s'est plongé dans ces milliers de pages manuscrites ou imprimées pour réaliser une histoire et une anthologie du journal intime

Blog intime
Jusqu'à l'explosion des fameux « blogs », qui redistribuent les cartes. Le journal intime perd sur le Net ses connotations passéistes et mièvres, son côté « réservé aux filles » - il n'est plus interdit à un garçon de banlieue de s'épancher, pourvu que ce soit avec style et un graphisme « cool »... Mais le journal ne perd-il pas ainsi de son intimité ? « C'est une nouvelle intimité, de réseau, qui se crée », rétorque Philipe Lejeune. On ne s'adresse plus à son entourage, mais à une communauté d'internautes. Face à la concurrence des autres cyberdiaristes, « il faut affirmer un style, un ton », forcer un peu les traits de son caractère, mettre en scène sa vie intérieure. Le blog ne change pas une des vocations premières du journal, « rompre sa solitude, communiquer ».

Son autre vocation, métaphysique, est « de lutter contre la mort et l'effacement ». D'où l'importance de la transmission.. »

Le passionné de journaux croit à la langue salvatrice. Il n'a pas peur de partager l'intime. Il accepte la monotonie, la répétition. Il a choisi de ne pas faire le tri dans les mots du quotidien. D'accepter l'autre dans la totalité de son être. Avec sa laideur et sa beauté, ses peines et ses espoirs, sa rage de vivre et sa rage d'aimer.

« Ah, vivre. Je charrie dans mon sang une marée, l'équinoxe des longs jours qui reviennent, le désir de l'amour, des aventures, des passions, de la mer, des fièvres, des départs, des nuages, des sanglots, des solitudes » (1er avril 1922, Mireille Havet, vingt-trois ans) .

Posté par remy christophe à 14:38 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Journal intime

Votre sujet de recherche est très intéressant et me touche beaucoup. Je voulais juste vous faire part de mon expérience du journal intime. J'ai commencé à écrire (il y a maintenant + de 10 ans!) à la suite d'un décès, j'avais 11ans. Ce moyen d'expression m'a vraiment permise de surmonter la douleur et de continuer à "communiquer" avec la personne en question. Depuis je ne quitte plus mon journal, mais n'éprouve le besoin d'écrire qu'à certaines périodes. Je n'écris pas pour me souvenir, mais pour me soulager.
Bonne continuation!

Posté par Julia, 12 novembre 2007 à 12:32

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